Imaginez que vous êtes une récente diplômée, avec en poche un baccalauréat en enseignement du français ou des mathématiques au secondaire, quelques expériences de voyage à l’étranger et une connaissance uniquement théorique des populations inuit et de leurs réalités. Passionnée et ouverte d’esprit, vous avez décidé de vous engager dans une expérience hors du commun : aller enseigner au Nunavik. On vous accueille dans une petite communauté comptant environ 700 habitants où vous ferez partie d’une équipe de 20 enseignants francophones, anglophones et inuit, couvrant les secteurs primaire et secondaire.
Avant votre entrée en fonction, vous participez à une séance d’orientation de quelques jours à Kuujjuuaq. L’un des formateurs soulève une question qui vous préoccupait déjà : quelle est votre plus grande appréhension?
Choisissez l’énoncé qui soulèverait en vous la plus grande inquiétude pour en apprendre davantage sur chacune des problèmatiques :
A) Enseigner à des élèves dont le français n’est pas la langue maternelle
B) Enseigner à une classe multiniveaux
C) Devoir vous approprier du matériel pédagogique adapté au contexte inuit
D) Vous intégrer dans une équipe de travail trilingue
E) Vous retrouver seule dans une communauté éloignée et isolée
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Cette définition élargit la notion de réussite au delà d’un curriculum formel, puisqu’elle inclut également l’implication des jeunes dans leur communauté, de même que la maitrise de leur langue et la préservation de leur culture. Malgré cette précision, les notions de réussite et de succès scolaires semblent être perçues de différentes façons par le corps enseignant, pour qui les objectifs et les standards académiques apparaissent dénués de consensus et sont parfois nébuleux. Le développement d’une définition partagée, adaptée au contexte nordique et englobant à la fois des aspects académiques, sociaux et communautaires est donc nécessaire, et devrait mieux prendre en compte la notion de persévérance.
Comme cet histogramme l’indique, les problèmes de comportements les plus fréquemment rapportés (entre août 2013 et avril 2014) étaient les suivants : les élèves contrariés, la perturbation et quelques problèmes d’agressivité au primaire. Par conséquent, comme ce sont là des enjeux également présents dans les autres écoles de la province, il faut souligner qu’il ne s’agit pas d’un problème unique au Nunavik.
Un exercice a été réalisé avec les élèves afin qu’ils remplissent un agenda vierge d’une semaine en y intégrant les matières qu’ils jugeaient importantes. « L’Agenda rêvé » a été collecté auprès de 12 élèves de secondaire 4/5 des sections francophone et anglophone au printemps 2012. L’exercice a confirmé les données recueillies lors des entrevues, à savoir que les élèves donnaient généralement autant d’importance aux matières inuit qu’aux matières non inuit.